Prise de Décision et ÉMOTIONS

Les émotions sont certes indispensables à la prise de décision.

Mais si vous êtes débordé par vos émotions, vous risquez de prendre des décisions trop vite et de manière irrationnelle…

Comment prenez-vous vos décisions ?
Comment sont prises les décisions dans votre organisation ?

Prise de Décision et ÉMOTIONS (Version Audio)

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Prise de Décision et ÉMOTIONS (Version Texte) :

 

Bonjour,

 

Je fais suite à mes vidéos précédentes sur les biais cognitifs et culturels dans la prise de décision avec maintenant l’impact des émotions sur nos décisions. Quel est le rapport entre Prise de Décision et Émotions ?

 

La prise de décision est centrale dans nos vies.

Et notamment dans certains métiers : docteurs, infirmières, juges… et dans les organisations ; plus vous montez en hiérarchie, plus votre rôle est un rôle de prise de décision par rapport au travail effectué par d’autres.

Est-ce que cela vous est déjà arrivé de regretter une décision prise sous le coup de la colère ?
D’une déception ou d’une grande tristesse…
Ou dans l’euphorie d’une soirée animée… ou arrosée ?
Ou de la peur ? Avec dans le cas de la peur, le risque au contraire d’être tétanisé et de ne rien faire.

 

Voici donc une vidéo sur le rôle des émotions dans notre prise de décision.

Et comment éviter de prendre des décisions irrationnelles sous le coup des émotions.

 

Tout d’abord, les émotions sont nécessaires dans tout processus de décision.

Un des points de départ de la recherche sur ce sujet était le cas d’accidentés dont une partie du cerveau – celle responsable des émotions – était détruite.
Ils étaient capables de rester de marbre dans tout situation mais incapables de choisir ce qu’ils voulaient manger sur un menu : tout leur était égal.

Et c’est ainsi qu’on a découvert que sans émotions, il n’y pas de prise de décision.

En revanche, si vous êtes débordé par vos émotions, vous risquez de prendre des décisions trop vite et de manière irrationnelle.

On appelle cela parfois la prise d’otage par l’amygdale.
L’amygdale – celle du cerveau, pas celles de la gorge – c’est notre pilote de survie. Et quand elle est sous grand stress, en situation d’urgence, elle prend les commandes et pare au plus pressé, et pas forcément de manière subtile.

 

Au milieu de ces 2 extrêmes :

  • plus d’émotions du tout et plus de décision
  • trop d’émotions et irrationnalité

Il y a la vie quotidienne où pour toutes les décisions routinières, on ne réfléchit plus vraiment et c’est notre corps, en fait nos émotions, qui décide en fonction de notre expérience.
Et cela marche plutôt bien tant qu’il n’y a pas de situation trop nouvelle.

 

Pourtant, même dans notre vie quotidienne, nous prenons parfois des décisions incongrues ou illogiques qui nous surprennent nous-mêmes.

Antonio Damasio, l’auteur de l’Erreur de Descartes a émis l’hypothèse des « marqueurs somatiques » pour expliquer comment cela fonctionne : les événements passés laisseraient une trace émotionnelle chez nous, et pas seulement les traumatismes.

C’est un peu la notion d’ancrage que la PNL utilise de manière positive dans de nombreuses techniques, notamment pour booster les ressources de quelqu’un.

Si vous avez eu un accident de voiture par temps de neige, vous allez peut-être hésiter à prendre le volant dans de mauvaises conditions climatiques. Là vous êtes relativement conscient de l’ancrage lié au passé.

Mais dans certains cas, les événements ont été oubliés ou bien il y a association d’une émotion à un stimulus sans qu’il y ait de lien de causalité.

Par exemple, j’ai été bien malade et cela commencé après un repas où j’ai mangé un certain aliment totalement inoffensif. Le repas et cet aliment ne sont pas responsables du fait que j’aie été malade, mais mon corps va assimiler les 2 événements et je suis dégoutée à vie de l’aliment en question !

Autre cas avec les phobies où le cerveau devient clairement irrationnel :

Il y a distorsion entre la réalité et les conséquences imaginées de l’événement ou parfois au sujet de sa probabilité.

La peur de l’avion chez certaines personnes est assez impressionnante : et même si elles savent rationnellement que le risque d’accident d’avion est extrêmement faible – bien inférieur à celui de conduire en voiture – les images mentales catastrophiques créent des émotions bien réelles et paralysantes.

Là on parle de l’impact d’émotions plutôt intenses – la colère, la peur… sur la prise de décision, et c’est assez flagrant pour les personnes en question, et assez bien documenté scientifiquement.

 

Mais notre état émotionnel du moment influe aussi sur nos décisions :

Là c’est plus subtil – parfois on parle juste de notre « humeur ».

  • Par exemple si vous êtes triste, vous allez être plus concentré dans votre travail, mais aussi plus sensible aux ancrages émotionnels et au passé.
  • Si vous êtes irrité, en colère, vous allez avoir plus tendance à rejeter les idées des autres et à prendre plus de risques dans vos décisions, contrairement à ce qui se passe sous l’effet de la peur.
  • Quand vous êtes joyeux, vous êtes plus optimiste, plus créatif mais aussi plus sensible aux stéréotypes et prêt à accepter plus facilement les idées des autres. C’est une des raisons sans doute pour lesquelles on met de la musique entrainante dans les magasins. Je n’ai jamais entendu le Requiem de Mozart en faisant mes courses…

 

Bon, si je résume :

  1. On a besoin de nos émotions pour décider mais quand cela déborde, on peut faire un peu n’importe quoi
  2. Nous sommes influencés dans nos décisions par nos expériences passées, et en général sans en être conscient
  3. Et notre humeur, notre état émotionnel du moment, a aussi une influence sur nos prises de décision.

 

Alors maintenant, on fait quoi ?

Comment éviter de prendre des décisions irrationnelles sous le coup des émotions ?

  1. Pour éviter les débordements émotionnels : il s’agit de prendre du recul, pour éviter de réagir dans l’instant.
    Une bonne hygiène de vie vous aidera à éviter le pétage de plombs ?. Cela rejoint la gestion du stress : bien dormir, se reposer et faire des pauses régulières, manger, méditer. Et pour les décisions importantes, n’oubliez pas le vieil adage « la nuit porte conseil », un moyen simple de prendre du recul…
  2. Pour le 2ème point par rapport à nos ancrages émotionnels, c’est plus difficile car il s’agit de comprendre et d’anticiper les influences plus inconscientes. On peut le faire en développant la connaissance de soi et de ses marqueurs émotionnels, donc en développant notre intelligence émotionnelle par l’observation, l’introspection… Et si vous avez des ancrages qui vous dérangent, parlez-en à un coach PNL…
  3. Enfin en ce qui concerne l’impact de l’humeur sur nos prises de décision : là aussi bien se connaitre et être attentif à son état émotionnel va permettre d’anticiper les influences émotionnelles non désirées. Notamment si vous êtes dépensier ou dépensière, vous apprendrez à mettre vos écouteurs en entrant dans un centre commercial et vous trouverez une musique bien déprimante ?

 

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Guillemette Moreau, Coach de Dirigeants et Coach de Carrière.

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FAIS PLAISIR ! (Injonctions et Drivers)

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FAIS PLAISIR ! (Injonctions et Drivers) Prête ton jouet, ne sois pas égoïste… Sois gentil avec ton ami, ta petite sœur… Dis bonjour à Tante Paulette… Si vous avez été dans un système familial, scolaire ou culturel où il fallait être gentil, poli et faire passer les...

 

Bonjour,

 

Prête ton jouet, ne sois pas égoïste…

Sois gentil avec ton ami, ta petite sœur…

Dis bonjour à Tante Paulette…

Dès que nous sommes entrés dans l’univers social au parc, à la garderie ou simplement avec nos frères, sœurs ou cousins… nous avons entendu les « Sois gentil », appris les règles de politesse, et parfois à dire bonjour ou à prêter notre jouet quand nous n’en avions vraiment pas envie !

Et aujourd’hui vous avez peut-être du mal à dire non à un collègue qui vous demande un service le soir au moment où vous quittez le boulot, ou à prendre une décision difficile en voulant faire plaisir à tout le monde.

Oh le « sois gentil » n’était pas seul, nous avons baigné dans un monde de principes éducatifs via nos parents, l’école, le sport et de manière générale la culture et l’environnement ambiants. Il y a par exemple aussi les messages de type « sois parfait » ou « sois fort », j’ai fait différentes vidéos sur ces principes et leur impact dans notre vie.

 

Permissions, Injonctions et Drivers

Donc aujourd’hui je vous parle d’Injonctions, de Drivers et de tous ces messages inconscients qui nous polluent souvent la vie…

Les concepts de Permissions et d’Injonctions ont été développés dans le grand courant de l’Analyse Transactionnelle : il s’agit de messages inconscients verbaux ou non-verbaux délivrés par les figures parentales et l’environnement à l’enfant qui va en sélectionner et interpréter certains. 

Les Injonctions

Habituellement on liste 13 injonctions et en voici quelques-unes pour comprendre comment cela peut structurer notre vision de nous-même et du monde :

« N’existe pas ! », c’est-à-dire sois transparent, fais-toi oublier 

« Ne sois pas toi-même » : fais comme tout le monde, ou comme ton père, ta mère…

« Ne sois pas un enfant », ne t’amuse pas, la vie ce n’est pas drôle

« N’aie pas de valeur » : sois modeste, ne te mets pas en avant…

Un sujet passionnant où tout le monde se reconnait !

 

Les Contre-Injonctions et Drivers

Étape suivante : pour lutter contre ces injonctions, nous élaborons des contre-injonctions ou messages contraignants qui se traduisent par des croyances, des principes et des comportements.

Par exemple par rapport à l’injonction Ne sois pas un enfant », je vais développer une croyance comme quoi même enfant, il faut être sérieux, éventuellement s’occuper des autres, être déjà un adulte responsable. Et ensuite avoir du mal à m’autoriser à être insouciant et à s’amuser.

Taibi Kahler – le créateur du Modèle de la Process Communication - a ensuite synthétisé cela en créant le concept de Drivers qui sont des règles de comportements qui deviennent des sortes de pilotes automatiques.

Il y a en 5 : Sois Fort, Sois Parfait, Fais Efforts, Dépêche-toi et… Fais Plaisir.

 

Le Driver « Fais Plaisir »

J’en viens donc au Driver « Fais Plaisir » et comment cela se traduit dans notre vie.

Vous vous souvenez, dès l’enfance nous baignons dans des tas d’injonctions.

En l’occurrence, le « Fais Plaisir » ou « Sois gentil » est tellement classique dans certaines familles ou fratries.

Et une personne se retrouve ainsi à s’occuper des tâches ménagères à la place des autres. Mais si cela me fait plaisir d’aider…

 

Donc nous sélectionnons et interprétons ce qui se passe autour de nous puis nous développons des croyances et des stratégies d’adaptation.

Si être gentil et faire passer ses besoins derrière ceux des autres a été une stratégie qui a bien fonctionné pour recueillir de l’attention et de l’amour, je l’ai peut-être surdéveloppée.

Et cela peut se traduire par des croyances du type :

  • J’ai de la valeur si je suis généreux
  • Je serai aimé(e) si je fais plaisir à l’autre

 

Pour évaluer si le Driver « Fais Plaisir » est très développé chez vous, vous pouvez vous poser les questions suivantes :

  • Est-ce que vous avez tendance à offrir votre aide facilement, même si vous avez autre chose à faire ? Et faire passer les autres en premier par rapport à vous-même.
  • Est-ce que vous avez tendance à offrir votre aide même si on ne vous l’a pas demandé ? Avec le risque de rentrer dans le rôle du Sauveur.
  • Est-ce que vous avez du mal à dire non à une demande ? Et à mettre vos limites.
  • Comment vous sentez-vous face à une décision où vous devez choisir entre 2 options soutenues par 2 personnes que vous appréciez ?

 

Tant que tout va bien, c’est inconscient et quasi invisible.

Un Driver « Fais Plaisir » bien développé vous permettra sans doute d’avoir une belle écoute, une grande empathie, la capacité de créer du lien social facilement et de développer des amitiés profondes…

 

Le Driver Fais Plaisir sous stress :

Mais sous stress – par exemple si j’ai l’impression que les autres sont hostiles, le Driver « Fais Plaisir » s’active et cela devient vite contre-productif : j’en fais trop, je me sur adapte aux autres qui passent donc en premier dans ma vie, et même je me dévalorise.

Par exemple dans une prise de poste, j’en fait trop pour me faire accepter, m’intégrer et je commence à aider tout le monde, avec le risque de me faire utiliser et au final de ne pas faire correctement mon propre travail.

Si vous combinez cela avec un autre message contraignant par exemple le « Sois parfait » ou « Sois fort », je vais travailler comme une folle et / ou ne jamais me plaindre. Ce qui peut être la voie royale vers l’épuisement professionnel.

Et évidemment si les personnes autour de vous en profitent, vous pouvez rentrer dans des relations assez toxiques : je deviens la bonne poire de l’équipe (ou de mon ou ma chef), celle qui reste régulièrement le soir quand il y a un coup de bourre. Et c’est devenu normal pour les autres.

Si vous avez vécu le burn-out du ou de la gentille perfectionniste dans un monde de brutes, vous savez de quoi je parle.

 

Comment mieux gérer le Driver « Fais Plaisir » ?

Donc vient la question fondamentale : comment je gère et utilise au mieux mon Driver « Fais Plaisir » ?

La 1ère étape est de prendre conscience du « Fais Plaisir » et de son impact dans votre vie, positif et négatif. Et de repérer vos comportements typiques qui y sont associés. D’où cette vidéo.

La 2ème étape, c’est de travailler au rééquilibrage de ce message contraignant en intégrant et en valorisant des permissions libératrices.

Par exemple, tu as le droit de penser aussi à toi, tu as le droit de te faire plaisir, tu peux dire non…

Pour ensuite changer vos comportements contre-productifs.

Et ce n’est pas toujours facile, car cela peut être bien ancré en vous, et chez les autres.

Cela veut dire notamment :

  • Travailler sur votre estime de vous-même de manière générale,
  • Comment vous remettre plus en priorité dans votre propre vie et prendre soin de vous,
  • Identifier les situations et relations où vous votre « Fais Plaisir » est bénéfique mais aussi celles que vous souhaitez changer. Et définir alors un objectif et un plan d’action précis.
  • Travailler votre rapport au conflit pour mieux vous affirmer et exprimer vos frustrations éventuelles, surtout si on vous a répété qu’être en colère ce n’est pas bien (je n’y reviens pas, j’ai fait une vidéo sur le sujet),

En vous préparant à gérer une certaine résistance autour de vous car cela pouvait être bien confortable pour certains, non ?

 

Le Coaching peut vous aider :

Vous vous êtes reconnu dans le Driver « Fais Plaisir » ?

Si vous avez pris conscience que c’est urgent pour vous de travailler sur le sujet, pour mieux mettre vos limites et respecter vos propres besoins, pour de meilleures relations interpersonnelles, le Coaching peut vous aider, contactez-nous…

 

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